Deci et Richard Ryan, de l’université de Rochester, ainsi
que sur celui de Mihaly Csikszentmihalyi (prononcer
She-sent-me-high), de l’université de Claremont. Ces
trois chercheurs ont découvert que nous travaillons
mieux quand nous sommes guidés par nos motivations
intérieures, quand nous maîtrisons notre horaire et nos
décisions et quand nous avons la conviction profonde que
nos actions ont un sens. Dans de telles conditions, nous
pouvons accomplir de grandes choses quel que soit notre
secteur d’activité.
Or, la plupart des entreprises d’aujourd’hui privent
leurs employés de ces conditions. Elles espèrent accroître leur efficacité en les obligeant à pointer, à participer
à des tonnes de réunions ou à être payés au rendement.
Selon Pink, les gestionnaires devraient au contraire
accorder plus d’autonomie aux membres de leur personnel pour ainsi leur donner la chance de se surpasser. Ils
devraient laisser les talents s’exprimer librement.
Au final, Drive énonce des évidences connues depuis
Socrate et Platon : l’argent ne fait pas le bonheur; nous
devons donner plus de sens à nos vies ; notre ressource
la plus précieuse, c’est le temps ; etc. Toutefois, il s’agit
de messages que nous avons besoin d’entendre encore et
encore. Et si plus de gestionnaires décidaient de suivre
les conseils de Pink, le monde s’en porterait mieux.
Philip Delves Broughton est l’auteur de Ahead of the Curve: Two Years
at Harvard Business School (Penguin, 2008).
THE WALL STREET JOURNAL
L’embarras
du choix
The Art of Choosing (Twelve, 2010)
@
Sheena Iyengar
Un jour, Sheena Iyengar a demandé à des étudiants japonais et américains de dresser une liste de décisions
qu’ils seraient ravis de déléguer. Les Japonais étaient
prêts à ce qu’on décide de ce qu’ils allaient manger, de
l’heure à laquelle ils devaient se lever et des tâches qu’ils
accomplissaient au travail. Quant à la plupart des Américains, la seule décision qu’ils acceptaient de confier aux
autres… était leurs propres arrangements funéraires
Insister sur la liberté de choisir est peut-être un principe admirable, mais il ne s’agit certainement pas de la
meilleure stratégie pour atteindre le contentement. À
preuve, même si les religions fondamentalistes tendent
à imposer plus de règles et de contraintes à leurs fidèles,
leurs adeptes se disent généralement plus heureux que
ceux de religions plus libérales, voire que les athées.
Dans The Art of Choosing, Sheena Iyengar tente de
comprendre pourquoi avoir moins de choix peut rendre