L’avis de
Cora Tsouflidou
Je suis convaincue
que, dans notre
entourage
immédiat, voire
notre petit mètre
carré, des dizaines
d’idées fabuleuses
cherchent preneurs.
Ouvrons les yeux !
On a parfois
l’impression que
tout a déjà
été inventé.
Et pourtant, en
y regardant de
plus près, chaque
jour qui passe
voit, par effet
d’entraînement,
la création
de nouvelles
entreprises, de
nouveaux projets.
routine. Le moment est alors venu d’innover en
prenant le temps d’observer ce que les autres,
souvent par simple paresse, négligent de faire.
À la fin des années 1960, Vernon Hill payait
ses études postsecondaires en travaillant dans
une banque. Il a alors remarqué que la gestion
des banques ressemblait plus à celle de services
gouvernementaux qu’à celle d’entreprises privées. En effet, les heures d’ouverture étaient
fixées en fonction des besoins des banquiers et
non de ceux des clients.
En 1973, Vernon Hill a lancé sa propre entreprise, la Commerce Bank, qui avait la particularité de mettre l’accent sur le service à la clientèle. Les succursales ressemblaient plus à des
magasins qu’à d’austères institutions bancaires :
ouvertes de 7 h 30 à 20 h, elles accueillaient les
clients 10 minutes à l’avance et fermaient leurs
portes 10 minutes après l’heure prévue. De plus,
les employés étaient tenus d’afficher un large
sourire. Plus tard, les services bancaires ont été
offerts jour et nuit, sept jours par semaine.
Résultat : dans les années 1990 et 2000, la
Commerce Bank inaugurait 30 succursales par
an. En 2005, son bénéfice net s’élevait à 302 millions de dollars américains et son actif était de
43 milliards. En 2007, le TD Bank Financial
Group a acquis la Commerce Bank pour quelque
8, 5 milliards de dollars américains.
6. Débusquez les possibilités au sein de votre
entreprise. Au début des années 2000, Dentyne
s’apprêtait à lancer un nouveau type de gomme à
mâcher donnant une sensation de froid dans la
bouche. Pour assurer le succès commercial de
l’opération, l’entreprise avait décidé d’innover
aussi sur le plan de l’emballage : il fallait que
celui-ci conserve la fraîcheur de la gomme tout
en se démarquant des autres gommes dans les
présentoirs.
À l’époque, Dentyne appartenait à la phar-maceutique Pfizer. L’entreprise a su tirer profit
du savoir-faire des experts de la maison mère,
en présentant sa nouvelle gomme dans un em-ballage-coque similaire à celui utilisé pour les
médicaments en vente libre. C’est ainsi que la
Dentyne Ice, perçue comme un remède contre
la mauvaise haleine, a fait son apparition sur le
marché.
Cet exemple montre bien qu’on a tout à gagner à observer ce qui se fait au sein de son entreprise, car on peut parfois tirer profit d’idées
sous-exploitées dans un autre secteur.
7. Changez la vision des autres. A priori, l’énergie solaire a tout pour plaire. Après tout, elle est
gratuite, écologique et inépuisable. Pourtant,
bien peu de gens s’en servent. Pourquoi Le plus
souvent parce que les panneaux coûtent cher,
qu’ils sont difficiles à installer et qu’ils sont souvent jugés inesthétiques. Aux États-Unis, nombre
d’associations de propriétaires interdisent
d’ailleurs à leurs membres d’installer des panneaux solaires sur leur toit. Peter Bressler, un
concepteur industriel, est de ceux qui sont
convaincus de la nécessité de recourir aux énergies renouvelables. Un jour, alors qu’il survolait
des kilomètres de toits, il s’est demandé pourquoi
on n’utilisait pas toutes ces surfaces pour générer
de l’électricité. Il a alors eu une idée à même de
vaincre les réticences des consommateurs : intégrer une technologie solaire aux bardeaux
communément utilisés dans la construction des
toitures. Cette solution élégante diminuerait certains des coûts liés à l’installation de générateurs
solaires et éliminerait les problèmes esthétiques.
Bresslergroup, la firme de Peter Bressler, s’est
alors associée à SRS Energy pour mettre au point
des panneaux baptisés Sole Solar Tiles. Grâce à la
flexibilité du polymère qui entre dans leur composition, ces panneaux peuvent être courbés et
intégrés à la structure des tuiles de toits ordinaires. Ils peuvent même être installés par n’importe quel couvreur. Il s’agit là d’une initiative
qui pourrait bien changer notre vision de l’énergie solaire.
Sarah Rottenberg est associée et
directrice chez Jump Associates,
une firme de design établie à
San Mateo, en Californie.
Isabel O’Meara est associée
principale chez Jump Associates.
adapté de :
Publié par la Rotman School of Management de
l’université de Toronto, Rotman Magazine paraît
trois fois l’an. Son ambition : « Apprendre aux
gestionnaires à façonner le monde à leur façon. »